Raconte-moi Cuba

claire-pendola-raconte-moi-cubaUn rêve se transforme en idée.
Une idée se transforme en projet.
Et quelques mois / années plus tard il est là !
Je vous présente mon premier livre : « Raconte-moi Cuba« .
Un carnet de voyage illustré qui vous embarque dans mon sac à dos. Pour la première fois, je ne vous raconte pas mon voyage à travers un écran, mais sur du papier. J’espère que vous serez nombreux à me suivre dans ce nouveau chapitre.
Je vous invite à découvrir le livre ici.

 

Carnet de route – Amazonie

Je n’ai jamais été une grande aventurière. Quand j’étais petite, j’avais peur des fourmis et des mouches. Encore aujourd’hui, la simple vue d’un lézard peut provoquer une crise de panique foudroyante. J’ai aussi un dégout parfaitement assumé pour le trekking, la randonnée, ou toute activité impliquant de faire des efforts dans la nature (ou faire des efforts tout court). Je ne comprendrai jamais comment des personnes pourtant saines d’esprit peuvent y être accro. Vous me direz : l’air pur, la beauté des paysages, blabla… mouais. Alors quand j’ai décidé de partir en Amazonie, même moi je n’ai pas compris pourquoi. Depuis quelques mois maintenant je m’intéresse à tout ce qui est remèdes naturels, plantes, et tous ces trucs qui sont bons pour nous et pour la planète. L’Amazonie c’est quand même un symbole pour l’écologie, c’était comme un rêve de gosse, ou non, plutôt une aventure, un défi. C’est pas vraiment un endroit, c’est un nom qui traine comme ça dans notre tête depuis toujours jusqu’au jour où on réalise que ça existe vraiment et qu’on peut même y aller. Et puis quitte à faire une promenade en forêt, autant y aller à fond.
J’ai réservé 3 semaines pour visiter l’Amazonie. Ça m’a permis de voir plusieurs endroits toujours du côté brésilien. J’avais quand même pas mal d’appréhensions. Jusqu’ici j’avais déjà voyagé en sac à dos, au Brésil, en Patagonie, en Inde, mais la forêt amazonienne c’est encore un niveau d’aventure au dessus ! J’avais ces clichés en tête : les peuples indigènes, les forêts verdoyantes, le côté mystique, une faune et une flore aussi belles que dangereuses, tout ça d’un point de vue grosse flipette qui a peur de tout, rappelons-le. Du coup oui, j’étais pas spécialement rassurée en arrivant là-bas, surtout en étant seule. Mais les craintes sont faites pour être affrontées non ? Alors j’ai foncé sans trop réfléchir, et sans essayer de savoir ce que j’allai voir ou non.

Première étape : Belém. C’est là que j’ai découvert le climat tropical qui demande un conditionnement particulier. Il fait en moyenne 30°C de jour comme de nuit et le taux d’humidité tourne autour de 90%. Oui voilà, l’Amazonie est un hammam géant. Ça pose pas vraiment de problème si on aime se doucher 15 fois par jour. Belém est une grande ville, alors je n’ai pas découvert grand chose de nouveau excepté sa culture gastronomique et son marché de remèdes naturels que j’ai squatté pendant 2 jours. Mais c’était une bonne transition histoire de ne pas se lancer tout de suite dans la jungle.

Deuxième étape : 4 jours de voyage en bateau direction Santarem. Pour se déplacer en Amazonie, il y a deux solutions : l’avion, ou le bateau. Aucune route ne relie les villes. J’ai choisi la deuxième option, trop envie de faire cette expérience ! Sauf que ces voyages n’ont rien à voir avec « La Croisière s’amuse », ici tout le monde dort ensemble sur le pont en installant son propre hamac. Après avoir suivi quelques conseils, j’ai voulu m’installer ni près des toilettes, ni près du moteur, en essayant de repérer des gens sympas. Mais ça c’est plus difficile à voir au premier coup d’oeil. Alors je me suis surtout posée là où il restait de la place. Ces quatre jours on été incroyables. Longer l’Amazone est une expérience qu’on ne peut expliquer. La forêt nous entoure, les animaux font peu à peu leur apparition, on croise des baraques bricolées sur le rivage, les enfants jouent au bord de l’eau, des pirogues nous suivent pour nous vendre des fruits… C’est un autre décor. J’ai passé des heures à observer l’horizon, m’imprégner de cette énergie nouvelle, fixer le fleuve pour essayer de voir des poissons ou d’autres animaux, admirer le lever du soleil, tout ça pendant 4 jours.

Troisième étape : Alter do Chao. Une fois arrivée en bateau à Santarem, je suis directement allée dans cette petite ville bien connue du coin. Moi qui voulais de la nature j’ai été servie ! Cet endroit est un petit bout de paradis avec des îles qui apparaissent et disparaissent au fil des saisons, des plages de sable blanc, des forêts, des montagnes, et toute une communauté de hippies. Un cadre de rêve non ? Sauf que dès le premier jour la pluie a commencé à tomber et ne s’est jamais arrêtée. D’habitude j’adore dormir en écoutant l’orage, mais là, il tapait tellement fort que j’avais l’impression que des bombes explosaient partout autour de moi. La foudre est même tombée juste derrière mon hôtel en faisant tout sauter. Pas terrible de sortir dans ces conditions. C’est comme si les éléments étaient plus puissants ici, tout était plus fort, plus intense, plus impressionnant.

Quatrième étape : Manaus. En avion cette fois, histoire de tester les deux moyens de transport (et un peu parce que j’avais la flemme de me refaire 4 jours de bateau). Mais le spectacle était tout aussi époustouflant ! Survoler la forêt amazonienne, ça a quand même de la gueule. Imaginez une mer de vert, un océan de verdure qui se déploie à l’infinie. Et si on a de la chance, on croise les nuages qui nous offrent un défilé d’arc-en-ciels. C’est d’une puissance incroyable ! Et puis je me suis souvenue de cette vidéo, celle où on peut voir la forêt disparaître et changer à vue d’oeil. Je me suis dit que si on continuait à agir comme on le fait, cette vue n’existerait peut-être plus dans quelques années. Quelle claque. Je parle de la vue, mais bien sûr c’est plus que ça. Je parle de toute cette vie qui existe à travers cette forêt, cette force qu’on tue à petit feu. Manaus est une ville qui ressemble assez à Belém. Rien de très foufou : des immeubles, des routes, des centres commerciaux, de nuit on se croirait même au milieu de New-York. C’est surprenant quand on sait qu’on se trouve au milieu de l’Amazonie. Mais dès qu’on met un pied en dehors de la ville, on retrouve tout de suite la forêt qui respire de plus en plus fort.

Dernière étape : Presidente Figueiredo, pour finir en beauté. On part à 2h de Manaus pour arriver dans une petite ville entourée de cascades, au milieu de la forêt. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les bruits. Pachamama nous parle littéralement. Insectes, animaux, vent, rivière, tous ces bruits forment une symphonie qui nous bercent. Et elle peut aussi nous faire peur. Parce que même si on la trouve jolie depuis notre auberge, installée dans notre hamac, c’est autre chose pendant une balade en forêt. Tous les bruits étrangers deviennent inquiétants et on sursaute au moindre craquement de branche. J’avais peur de voir apparaitre un serpent, être avalée par un poisson mangeur d’hommes, ou séquestrée par une armée de lémuriens. Bon, les dernières possibilités étaient moins probables mais n’empêche, on sait jamais !

Finalement, rien de tout ça n’est arrivé. Mais je suis repartie avec les souvenirs d’une expérience surprenante, une expérience qui a renforcé ma conviction qu’il fallait protéger et se battre pour cette Terre. Depuis, je me suis encore plus lancée dans la consommation responsable. J’essaie de plus en parler autour de moi, convertir mon entourage, et petit à petit je fais mon apprentissage en changeant mon quotidien. Ma vie a clairement pris un nouveau tournant grâce à cette rencontre.

Merci Pachamama !

Humeur

On nous explique toujours comment construire notre vie. L’école, la TV, notre entourage, il y a carrément des gens qui en font leur carrière. Et à ce moment là, on nous apprend comment « réussir notre vie ». Ah, quelle belle expression que celle-ci : REUSSIR sa vie. Mais attention, on ne peut pas le faire n’importe comment. Pour ça, il y a une stratégie, définie il y a un bon paquet d’années par des Monsieurs très très importants. Il y a même des règles qui définissent si oui ou non tu as réussi. Super au point leur truc. Pour réussir ta vie, il te faut beaucoup d’argent. Pour réussir ta vie, il te faut un travail important.  Pour réussir ta vie, il faut choisir une personne avec qui tu t’entends pas trop mal, choisis bien parce que le but du jeu c’est de passer toute ta vie avec elle, tu devras aussi l’épouser, et lui faire des enfants. Pour réussir ta vie, il faudra que tu montres aux yeux de tous combien tu es heureux avec pour preuve toute une collection d’objets de valeurs : maison, voitures, bijoux, fringues, voyages dans des hôtels de luxe. Ça fait beaucoup hein ? Et encore ce ne sont que les grandes lignes. Tu ne sais pas comment faire ? Ne t’en fais pas, on a tracé un chemin bien propre et bien ordonné juste pour toi. Mais surtout tu dois bien le suivre. Ne jamais Ô grand jamais faire un pas en dehors. Dès que tu feras un nouveau pas sur ce chemin, tu recevras une pluie de « Félicitations » : diplôme, CDI, promotions, mariage, bébé. Si par malheur tu essaies de faire un pas en dehors alors là, tu vas plutôt te retrouver seul comme un con. Tu aurais préféré faire ce que tu veux ? Mais qui t’as demandé ce que tu voulais ? On le fait pour toi alors ne t’embête pas avec ce genre de réflexions.
A l’inverse, on ne raconte jamais comment ça se passe quand on veut dé-construire sa vie. Qu’est-ce qui se passe le jour où on fait machine arrière ? Ce moment où tu veux faire table rase. Tout virer. Faire un pas en dehors du chemin. On ne prend pas les mêmes et on recommence. Et bien en fait, tout disparaît petit à petit, tout s’effondre, tout s’auto-détruit et n’a finalement peut-être jamais existé. Une croyance, une certitude, une conviction, balayés comme ça, en un claquement de doigt. Cette sensation on la craint, elle nous fait peur. Bin oui, un monde qui s’écroule, c’est pas beau à voir non ? Alors pourquoi cette sensation de liberté, de légèreté, ce soulagement ? Peut-être parce que ce monde qu’ « on » nous a construit n’est pas celui dont on rêve, il ne l’a jamais été. Peut-être parce qu’on réalise qu’on peut enfin construire son propre monde. Avec de nouvelles croyances, de nouvelles certitudes, de nouvelles convictions, sauf que cette fois on sait que tout peut changer. Et c’est ça qui est beau.
Sortir du chemin, en découvrir un nouveau, construit selon nos propres règles. Faire tout ce qu’on peut pour le rendre merveilleux. Puisqu’au final, c’est exactement comme ça qu’on devrait trouver notre vie : merveilleuse.

K.

Raconte-moi Cuba

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vous parle d’un nouveau super projet dans lequel je me lance avec le talentueux illustrateur Leyho . Cette fois c’est direction Cuba ! Pas de blog ni réseaux sociaux, juste des carnets, un stylo et quelques pinceaux, un retour aux sources pour vous raconter un voyage riche en émotions. Nouveau projet, nouvelle destination, et du coup, nouvelle pause sur le blog… mais c’est pour la bonne cause ! On prend le relais sur la page du projet où on a un tas de choses à vous montrer.

J’espère qu’une fois de plus vous serez au rendez-vous 😀

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Le Parc Tibidabo

tibidabo_barcelona_kyara_perugina_1Connaissez-vous le symptôme du « on a tout le temps d’y aller » ? Pour le reconnaître il faut: une ville, et un lieu incontournable où vous n’irez jamais en vous disant : « Ooooh mais on a tout le temps d’y aller ! ». C’est le symptôme du OTTA. Ça marche pour Le Louvre à Paris, la Bonne Mère à Marseille et Le Palais Royal à Madrid.

Ce que j’ai découvert cette année c’est que ce symptôme existe aussi à Barcelone. Et oui, y’a pas de raisons ! Pour ma part, le OTTA s’est matérialisé en ce lieu mystique de Tibidabo. Une montagne, une vue imprenable sur Barcelone, une église majestueuse, un parc d’attraction vintage, LE truc à ne pas louper quoi. Rien que d’imaginer l’endroit j’en avais des étoiles dans les yeux. J’avais tellement envie d’y aller que j’ai mis le temps tout à fait respectable de 8 mois pour faire cette visite.

tibidabo_barcelona_kyara_perugina_2Depuis mon arrivée à Barcelone, je voyais cette ombre suspendue en haut de la montagne partout où j’étais. Le soir, on voit même les lumières de la grande roue scintiller pour attirer notre attention. Alors je regardais Tibidabo en lui disant « C’est pour bientôt Tibi ! »

Et ce jour est enfin venu ! C’est à bord du Tibibus (oui, parfaitement, il existe bien un Tibibus) que je me suis hissée au point le plus haut de la ville. L’église, le parc, la vue, tout était comme je l’avais imaginé. Après avoir fait un tour de l’église qui est sublimissime, j’ai foncé au parc dans état d’excitation assez proche de celui d’un enfant de 5 ans à Disneyland : « Ooooh la grande roue ! Waaa des churros ! Oh mon Dieu, oh mon Dieu y’a des montagnes russes ! Je veux une peluuuche ! » 5 ans je vous dis. Mais j’ai très vite été stoppée dans mon élan par un léger détail. Je vous ai dit que Tibidabo était le point le plus haut de Barcelone, et bien il se trouve que c’est justement ce détail que le parc a choisi de mettre en avant. Comment ? En suspendant toutes les attractions dans le vide. N’est-ce pas merveilleux…

tibidabo_barcelona_kyara_perugina_3Une grande roue (qui est déjà super flippante à la base on est d’accord) devient alors une géante roue, une montagne russe se transforme en Kilimandjaro de la mort qui tue et pareil pour tout le reste. Du coup, ça donne un coup de fouet à des attractions vieillottes et ceux qui n’ont pas le vertige ont l’air de penser que c’est plutôt cool. Moi je suis restée bien en bas, là où ça fait pas peur à regarder la vue de loin, de très loin. C’est beau mais c’est haut !

Le téléphérique de Montjuïc

teleferic_montjuic_barcelona_kyara_peruginaQuand je vous dis “Barcelone”, plusieurs images vous viennent en tête: la Sagrada Familia, le Parc Güell, les plages, las Ramblas, autant d’endroits mythiques qui marquent nos esprits comme sur les cartes postales.
En vivant dans cette ville, j’ai bien sûr fait le tour de ces sites touristiques. Aujourd’hui, j’arrive même à faire la différence entre toutes les maisons construites par Gaudi ! Mais il y a tout de même une “attraction” que je n’avais encore jamais osé faire: le téléphérique de Montjuïc.

Si vous vous promenez sur la côte catalane, vous ne pourrez pas le rater. De la plage jusqu’à Montjuïc, on voit planer les cabines du téléphérique à une hauteur vertigineuse, survolant ainsi une partie de la ville.

Ah oui, c’est sûr que vu comme ça, ça a l’air chouette, mais le gros problème c’est que j’ai un vertige monstrueux. Mais vraiment le vrai vertige qui te paralyse, celui qui te fait entrer dans un état second à plus de 20 centimètres du sol, celui qui te rend super agressif et te fait entrer en hystérie totale. Alors le coup du téléphérique, je le sentais moyen.

Et pourtant, j’avais envie de me lancer ce défi. Je ne voulais pas passer à côté de cette expérience même si l’idée d’être enfermée à des dizaines voire des centaines de mètres de hauteur me donnait déjà le tournis. C’est un challenge que je me suis lancé, puis laissé de côté, jusqu’à le mettre sur ma To-Do List pour me l’imposer.

J’avais rendez-vous à 20h30 pour prendre le dernier voyage de la journée. Évidement, douée comme je suis, j’ai confondu le téléphérique avec le funiculaire, ce qui m’a fait arriver au dernier moment. J’ai dû courir pour rattraper la dernière cabine, en espérant que ce soit fermé. J’y aurais vu un signe, celui de ne pas le prendre et m’en serais servi comme excuse pour ne jamais y retourner. Mais la cabine était bien là et n’attendait que moi. Dans la précipitation, je n’ai même pas eu le temps de réfléchir: je zigzag dans la file d’attente déserte, j’achète mon billet et me jette dans la cabine. Les portes se ferment et c’est là que je réalise. Alors, la nacelle prend sont élan et commence à voler. Le stress commence à arriver mais il est stoppé net par quelque chose de beaucoup plus fort: cette vue sur Barcelone.

Perchée dans les hauteurs de Montjuïc, je peux alors voir toute la ville, illuminée par ces couleurs cuivrées du coucher de soleil. Les rayons percent les nuages, ont dirait que ce sont des spots braqués sur la cité. Je n’arrête pas de répéter “Comme c’est beau !” et je m’amuse à retrouver les monuments. Je vois la Sagrada Familia, la mer qui s’étend à perte de vue, la roue de Tibidabo et j’arrive presque, je dis bien presque, à voir mon appart’ !

Le trajet de dure pas plus de 15 minutes. Une fois arrivée, je me demande pourquoi je flippais autant. Finalement j’ai même pas eu peur !

Alors pour tous ceux qui ne sont toujours pas montés dans ce téléphérique par peur du vide: il est temps de se lancer !

Feliz Sant Joan !

sant_joan_barcelonaEt un point de plus à rayer sur ma To-Do List ! Il y a quelques jours j’ai pu célébrer comme il se doit l’une des fêtes les plus attendues de Barcelone: celle de la Sant Joan !

Je me faisais toute une montagne de cette fête, on m’en avait tellement parlé ! Je l’avais déjà célébré une fois à Valence, et j’en avais gardé un super souvenir alors j’étais impatiente de découvrir ces festivités version catalane. La tradition veut que tout le monde se réunisse à la plage autour d’un feu de camp, mais c’est surtout un festival de feux d’artifices dès la tombée de la nuit. En résumé, une soirée de rêve s’annonçait avec la plage, mes amis, de la musique et des feux d’artifices… des feux d’artifices !!
A Valence, cette soirée m’avait marquée: copines + musique + clair de lune + caïpirinhas + explosions multicolores dans le ciel, que demander de plus ?

La Sant Joan 2015 a commencé par un réveil en sursaut. J’ouvre mes volets et je découvre sur mon balcon un énorme cocktail molotov (d’accord, en vrai c’était un simple pétard). Dans la rue, un groupe de sales gosses petits chenapans s’amusent à lancer des pétards autour d’eux. Je ne savais pas encore que ce jeu innocent serait la source d’une journée de cauchemar.
Je sors de chez moi en toute candeur et me voilà en pleine guerre ! Des explosions retentissent, les enfants courent dans tous les sens avec un rire machiavélique, et la fumée a envahie les rues. La terreur me submerge mais en temps de guerre il faut garder son sang froid. Je retrousse mes manches, ajuste mes Havaïanas, relève mes cheveux et c’est parti, “On se retrouve de l’autre côté Johnny”. Du bas de mon immeuble, je fais un repérage des troupes ennemies. Mon but n’est qu’à quelques mètres et pourtant c’est un véritable parcours du combattant qui s’annonce. Il faut que j’y arrive. J’ai la foi, le courage, la volonté mais surtout… j’ai faim ! Alors personne, je dis bien PERSONNE ne m’empêchera d’arriver saine et sauve à la boulangerie. D’un immeuble à un autre je me fais discrète, je rebondis avec une vivacité qui me surprend moi-même. L’horreur est partout autour de moi, les sursauts permanents, le bruit assourdissant des explosions, et cette peur qui ne nous quitte pas. Après des heures de combat, j’arrive à me hisser dans la boulangerie qui s’est barricadée à l’aide de paquets de farine. Des femmes et des enfants y ont trouvé refuge. Quelques pétards ont noirci la vitrine mais rien de grave. Après avoir rempli mon sac de provisions je dois aussitôt repartir, il faut faire vite.
Les bombardements semblent s’être apaisés. Alors, confiante, je décide de tenter le tout pour le tout en faisant une ligne droite pour directe jusqu’à mon immeuble. C’est seulement à mi-chemin que j’ai entendu un rire, je me retourne et vois Le Mal. Il se tient là, devant moi, du haut de son mètre vingt, t-shirt Spiderman, coupe au bol, une vrai terreur ! Il me sourit puis s’enfuie en courant.
En une fraction de seconde le sol explose sous mes pieds, la fumée m’aveugle et m’empêche de respirer, mes jambes sont brûlées. Touchée ! Espèce de sale petit…

C’est ainsi que s’est déroulée le reste de la journée. Enfin, dans ma tête ça ressemblait à ça, en vrai on était pas loin je vous jure !

Le soir venu, un barbecue sur le toit nous permet d’avoir une vue sur tous les feux d’artifices qui illuminent le ciel. Les petits enfants se sont calmés, maintenant ce sont les grands enfants qui s’amusent avec de plus gros pétards qui font encore plus de bruit.

Arrive le moment que j’attendais, celui de la plage ! Mais tout avait changé. Les concerts improvisés ont disparus pour laisser place aux “Boom, boom, boom” des kiosques de plage, la lune était discrète, il n’y avait pas de caïpi mais des bières tièdes vendues par des pakistanais, les feux d’artifices n’étaient plus que de simples pétards. La magie n’était plus là, elle aussi était partie en fumée.

Je suis donc vite rentrée chez moi en rêvant de mon lit, au calme…ha ha ! Mais oui, au calme, un soir de Sant Joan ! Pfff n’importe quoi ! Non, en fait ma soirée s’est terminée bercée par le concert qui avait lieu en bas de chez moi jusqu’à 3h du matin. La bonne nouvelle c’est que cette journée m’avais rendue complètement sourde !

Sant Joan: check !